De l’œil de cyclope aux phares adaptatifs: quand hier guidait l’auto moderne
Découvrez comment phares adaptatifs, caméra de recul, direction aux roues arrière et suspension active plongent leurs racines dans des idées anciennes de l’auto.
L’histoire de l’automobile adore nous prendre à contre-pied. Ce que l’on présente aujourd’hui comme une rupture n’est bien souvent qu’une version mûrie d’idées nées il y a des décennies. Les voitures modernes, gavées d’électronique et d’algorithmes, prolongent un dialogue entamé par les ingénieurs au milieu du XXe siècle.
Un exemple parlant: l’œil de cyclope utilisé sur le modèle de série Ter 48. Il s’agissait d’un troisième projecteur, parfaitement centré, qui pivotait avec les roues. Il balayait la zone sombre à l’intérieur des virages que les phares classiques ne pouvaient pas éclairer. Aujourd’hui, les projecteurs matriciels accomplissent la même tâche et se généralisent, même si l’idée d’un faisceau adaptatif a germé bien avant l’ère du tout numérique.

Autre cas marquant: le concept Buick Centurion de 1956, qui exhibait une ébauche de caméra de recul. Son écran, minuscule à l’aune actuelle, limitait l’intérêt au quotidien, car il était souvent plus simple de se retourner et de regarder par le toit vitré. Reste que la surveillance visuelle de l’arrière préfigurait un équipement appelé à devenir la norme.

À la fin des années 1980, les constructeurs japonais dévoilent les premiers systèmes de direction aux roues arrière. Sur la Honda Prelude, le dispositif, entièrement mécanique, dépendait directement de l’angle de braquage. La Nissan Skyline, elle, adoptait une autre voie: un algorithme piloté par ordinateur ajustait automatiquement l’orientation des roues postérieures. Ces solutions ont posé les bases des actuels systèmes avancés de contrôle du châssis.

Quant à la suspension active, si largement mise en avant dans la publicité automobile chinoise contemporaine, elle est loin d’être une nouveauté. Des ingénieurs français l’ont développée il y a environ soixante-dix ans. À l’époque, son coût de production restait toutefois trop élevé pour une diffusion à grande échelle.
Pris ensemble, ces exemples rappellent que le progrès automobile ne trace que rarement une ligne droite. Il suit une spirale où les idées reviennent, enrichies par de nouvelles capacités, jusqu’à trouver leur moment. De nos jours, les technologies paraissent révolutionnaires, mais beaucoup plongent leurs racines dans des concepts qui avaient simplement une longueur d’avance sur leur temps.
Ethan Rowden
2025, Déc 30 03:07