BYD envisage une usine au Canada et des acquisitions pour son expansion
BYD, leader mondial des véhicules électriques, étudie la construction d'une usine au Canada et des acquisitions pour accélérer son expansion en Amérique du Nord.
BYD a envoyé son signal le plus clair à ce jour concernant l'Amérique du Nord : le plus grand constructeur mondial de véhicules électriques étudie la possibilité de construire sa propre usine automobile au Canada, tout en laissant la porte ouverte à l'acquisition d'un constructeur en difficulté si cela accélère son expansion mondiale.
L'élément le plus révélateur n'est pas seulement l'endroit où BYD souhaite se développer, mais aussi la manière. La vice-présidente exécutive Stella Li a clairement indiqué qu'une coentreprise n'était pas la voie privilégiée par l'entreprise. Cela correspond au modèle industriel plus large du groupe. Celui-ci produit ses propres batteries, moteurs électriques, électronique de puissance et semi-conducteurs, donc la propriété totale d'une usine n'est pas simplement une préférence financière, mais une extension naturelle de son mode de fonctionnement actuel.
Le changement de politique du Canada aide à expliquer pourquoi ce marché revient au premier plan. En janvier 2026, le pays est passé d'une surtaxe de 100% sur les véhicules électriques chinois à un régime d'importation basé sur des quotas avec un taux tarifaire de 6,1%. Le quota annuel initial a été fixé à 49 000 véhicules, avec un plafond appelé à augmenter avec le temps. Pour BYD, cela a modifié la logique commerciale d'entrée sur le marché. L'entreprise avait pratiquement mis de côté ses projets canadiens fin 2024 après la mise en place de barrières tarifaires plus strictes, mais le nouveau cadre a rouvert la discussion, non seulement autour des importations, mais aussi autour d'une production locale.
Cela rend le contraste avec l'approche d'Ottawa particulièrement frappant. Les responsables canadiens avaient promu l'idée de projets conjoints impliquant l'industrie locale et la technologie nationale, espérant que les constructeurs automobiles chinois pourraient être plus étroitement liés à la base industrielle du pays. BYD envoie un signal différent. Il ne semble pas chercher un partenaire local pour naviguer sur le marché. Il veut un accès, le contrôle et la capacité de gérer une installation selon ses propres conditions.
La deuxième partie du message de Li pourrait s'avérer encore plus significative. BYD a confirmé qu'il était ouvert aux acquisitions et évaluait les opportunités, bien qu'aucune cible spécifique n'ait été nommée. Cette distinction est importante. Aucun accord n'a été annoncé, mais il y a désormais une reconnaissance publique que BYD est prêt à envisager l'achat d'actifs traditionnels affaiblis si cela offre une voie plus rapide vers la mise à l'échelle. En pratique, cette stratégie a déjà un exemple visible au Mexique, où BYD figure parmi les finalistes pour l'usine COMPAS Nissan-Mercedes à Aguascalientes, une usine d'une capacité annuelle de 230 000 véhicules. Acheter un site existant avec des travailleurs formés et une infrastructure de production pourrait être plus rapide que de partir de zéro.
Le Canada apparaît donc moins comme une initiative isolée et davantage comme une nouvelle étape dans une poussée industrielle plus large. BYD étend déjà sa production en Europe, avec sa première usine de voitures particulières en Hongrie et une deuxième usine prévue en Turquie. Parallèlement, il continue de renforcer sa position au Mexique, où il est déjà bien présent sur le marché des véhicules électrifiés. Pris ensemble, ces mouvements montrent une entreprise passant d'une croissance tirée par les exportations à un modèle plus large de présence manufacturière mondiale.
Un chapitre canadien plus ancien est aussi à l'arrière-plan. En 2019, BYD a ouvert une chaîne d'assemblage de bus électriques à Newmarket, en Ontario, et a produit des bus pour la Toronto Transit Commission. Mais ce projet a ensuite été éclipsé par des problèmes liés au service, aux pièces de rechange et au support technique. Pour cette raison, toute nouvelle poussée canadienne dans les véhicules particuliers serait observée non seulement comme une histoire d'expansion, mais aussi comme un test de la mesure dans laquelle BYD a dépassé les faiblesses de son précédent effort local.
Le contexte commercial plus large est également important. BYD a entamé 2026 avec un départ plus faible en termes de ventes globales, mais les exportations restent centrales dans sa stratégie. L'entreprise vise 1,3 million de ventes de véhicules à l'étranger cette année et s'appuie sur de nouvelles technologies pour soutenir cette ambition, notamment la Blade Battery 2.0 et une recharge ultra-rapide allant jusqu'à 1 500 kW. Après avoir dépassé Tesla en ventes mondiales de véhicules électriques à batterie en 2025, BYD n'a plus l'air d'une entreprise faisant des promesses spéculatives depuis les marges du marché. Il agit depuis une position de force.
Les États-Unis restent le seul marché que BYD évite encore, le décrivant comme trop compliqué en raison des tarifs douaniers et des barrières réglementaires. Cela fait du Canada une voie d'accès de plus en plus réaliste à la région nord-américaine pour les constructeurs automobiles chinois. Si BYD finit par aller de l'avant avec une usine entièrement détenue ou achète un actif existant, ce développement en dirait autant sur l'évolution de l'équilibre des pouvoirs dans l'industrie automobile mondiale que sur la prochaine étape d'une entreprise.
Allen Garwin
2026, Mar 14 05:35